Me, Myself and porn

AfficheMeMySelfPornIl y a deux ans, lorsqu’au détour d’une soirée de discussion animée, le porno a fait surface, nous ne pensions pas que nous retrouverions un soir au cœur de Genève, dans la salle du Faubourg, devant près de 150 personnes pour animer un débat sur un thème aussi délicat. Pourtant, dès le démarrage de notre réflexion, passé la gêne et les sourires de circonstances, nous avions déjà mesuré tout l’intérêt pour Bloom and Boom de s’y intéresser sérieusement, c’est-à-dire d’en parler en dépassant l’écueil de la moralité, tout en résistant à la tentation de tomber dans la facilité racoleuse. C’était bien là notre ambition : faire le pari de pouvoir parler intelligemment d’un sujet sensible, mais rarement traité pour ce qu’il est, un sujet à la croisée des chemins, concernant l’individu tout autant que l’ensemble du corps social, un sujet touchant aussi bien les hommes et les femmes, et qui nous renvoie aux racines de notre animalité.
Pour cette soirée, nous avons convié trois personnalités aux regards complémentaires : Ovidie, ancienne actrice et réalisatrice emblématique de la scène porno féministe, Caroline Dayer, universitaire spécialisée dans les Études genre, et Stéphane Morey, un homme connaissant bien le sujet, défendant une vision positive du sexe, cofondateur et co-directeur artistique du festival La Fête du Slip à Lausanne. Avant de lancer le débat, nous avons projeté un montage vidéo que nous avons réalisé dans le parc des Bastions sous la forme d’un micro-trottoir pour présenter le témoignage d’inconnu-e-s parlant de leur rapport à la pornographie.
Le débat, animé par Pascale de Senarclens, directrice de Bloom and Boom, a été extrêmement riche, intense, et permis d’ouvrir de nombreuses perspectives passionnantes, notamment le rapport que les femmes entretiennent avec la pornographie. Le public a été nombreux, hétéroclite, résolument attentif. Au final, cette soirée a été exemplaire et très représentative de la démarche que Bloom and Boom défend : parler de nos réalités sans complaisance, avec humanité, sans se cacher, mais sans chercher l’outrage et le sensationnel.  Et cela a abouti à un résultat encourageant, presque libérateur. Car, ce dialogue a permis de proposer une vision saine de notre rapport à la sexualité, vision consciente des risques et des dérives, mais résolument optimiste. Et elle nous a surtout confortés dans une idée : c’est en parlant ouvertement des choses que nous parviendront à ouvrir le chemin de notre émancipation commune.
Découvrez toutes les photos de la soirée en cliquant ici.
Retrouvez les articles de la soirée parus dans la presse en cliquant ici.
L’affiche a été réalisé par notre graphiste, extrêmement douée :-)))) Alexia Benakis

Réalisation : Sur Mesure concept